Culture Hiphop, ode à ma culture de récupération.

Je suis Rafael Smadja et je suis né en 1987 en région parisienne. En 1992, ma famille s'installe dans le Pays de Gex, région frontalière de Genève. Je n'ai que 5 ans. Je les suis.

Le bassin lémanique regorge de différentes nationalités, c'est un carrefour international dans lequel une culture particulière agitera  bientôt mes sens.

En 1996, je découvre l'art du mouvement par les arts martiaux. Je rencontre la philosophie taoïste, le maniement du bâton (bô), les acrobaties, la résistance et la persévérance, en somme la discipline asiatique, que j'affectionne très particulièrement. 

 

En 1997, ma soeur ainée organise une fête surprise. Au milieu de la nuit, je suis réveillée par une musique rapide, festive, James Brown. Je descends les escaliers et me retrouve au milieu de mon salon. 

- Sylver tourne sur une main, se réceptionne au sol comme un chat, défie à nouveau la gravité et finit sur un bras, jambes croisées vers le ciel, arborant un large sourire - 

J'y vois du Kung-fu, des acrobaties et du rythme .

Cette culture particulière fait son entrée dans ma vie. Le bboying agite mes sens.

Je découvre que cette danse est une partie infime de l'iceberg Hiphop.  Ma soeur, soucieuse de parfaire mon éducation artistique, mettra entre mes mains le CD Homicide Involontaire du légendaire groupe de rap Assassin. Le graffiti fera son entrée quelques mois plus tard et SERTWA deviendra mon nom de poska.

 

Cette culture afro-latino-américaine, née dans les années 70, n'avait, au premier abord, aucune raison de croiser ma destinée d'européen-blanc née dans les années 90. 

Et pourtant, elle m'ai apparu très familière et éducative. Cette culture m'a appris à mieux comprendre notre société. Elle a aiguisé ma conscience du corps. Elle m'a éclairée sur le maniement de ma langue au même titre q'un Baudelaire ou un Boris Vian. Sans avoir écouter de rap, ni apprécier le graffiti, je n'aurais probablement jamais ouvert un livre, ni passer la porte d'une exposition ou d'un musée.

Le Hiphop m' invite à être un créateur quand l'art lui même sacralise l'oeuvre et l' artiste, rendant une image complexe, difficile d'accès. 

L'art est une magnifique expérience de communication et  le Hiphop a, selon moi, magnifié la communication entre les humains, à travers le corps, la peinture et la musique.

Cette culture décloisonne les esprits et provoque la rencontre entre les humains.

Je peux me targuer aujourd'hui d'avoir un canapé sur lequel dormir sur presque tous les continents du globe !

 

Nous nous créons et nous nous réinventons chaque jour. Le Hiphop est cette culture de re-création, une forme d'écologie, nous recyclons l'ancien, nous trions le neuf, nous composons avec les différentes générations et les différentes cultures, nous les inspirons et nous nous en inspirons également. Entre la compassion, la compréhension, l'adaptation et la récupération.

rafael smadja

 

figure 1 : Mr.Souleyman / figure 2 : SERTWA / figure 3-5 : Marie Figuet / figure 4 : Jody Carter AVJC / figure 6 : Laurent Pailler

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